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pssallanches74

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fête de la rose

pssallanches74 | 19 Octobre, 2006 22:47

Quelques photos de la fête de la rose qui s'est déroulée à Sallanches le 30 septembre:

Compte rendu débat du matin sur l'économie sociale et solidaire:

Compte rendu Fête de la Rose

Table ronde Economie sociale et solidaire

Etablit pour la Fédération PS Haute Savoie

Document Damien Girardier du 17/10/06

L’Economie sociale et solidaire, un modèle de développement humain et économique alternatif ?

Qu’y a-t-il de commun entre le Crédit agricole, banque qui gère quelque 1 000 milliards de francs, via 15,5 millions de comptes, et le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, dont les effectifs sont de 49 personnes ? Rien, sinon d’appartenir à un même secteur celui de l’économie sociale.

La problématique de l’économie sociale et solidaire est centrale aujourd’hui.

Après avoir présenté ce qu’elle est et ce qu’elle représente aujourd’hui, nous nous sommes attachés, dans notre table ronde, à mieux en cerner les raisons : désengagement de l’État, développement de l’exclusion, recherche de nouvelles solidarités et de valeur ajoutée sociale.

Nous nous sommes également interrogés sur les problématiques suivantes : de quelle façon notre société considère t’elle le développement économique et social aujourd’hui ? Admet-elle qu’il existe des entreprises efficaces économiquement qui ne soient pas lucratives ? Admet-elle que le progrès social peut se faire au sein même des entreprises et pas seulement dans leurs marges non marchandes ?

Nous développons ici quelques points de la table ronde.

Présentation de l’Economie Sociale et Solidaire[1]

La légitimité de l'économie sociale est double. Elle repose, comme pour toute organisation vivant dans l'économie de marché, sur un principe de performance. Elle repose aussi sur la capacité de gérer démocratiquement cette performance. Cette double vocation de l’économie sociale est souvent présentée comme la contribution à un modèle de développement distinct du modèle néo-libéral. Une alternative qui permettrait de remplacer un modèle fordiste providentialiste.

Il est courant de définir l'économie sociale au travers de la forme juridique de ses trois composantes : les associations, les mutuelles et les coopératives.

Cette définition ne permet cependant pas de mettre en valeur la spécificité du secteur, et notamment ce qui le distingue du secteur capitaliste.

Inséparable de l’histoire du mouvement ouvrier[2], de ses divisions et de la résistance à la construction d’une société fondée sur le profit, l’économie sociale, ou « troisième secteur », regroupe des structures très différentes par la taille et la nature de leurs activités

Nées d'une volonté de solidarité au service de l'homme, elles se distinguent néanmoins des entreprises capitalistes car elles privilégient le service rendu par rapport au profit dégagé et accordent dans leur fonctionnement un poids accru au facteur social, tant au plan interne qu'externe. Issues d’initiatives collectives, ces organisations obéissent toutes à trois principes fondateurs : la non-lucrativité, la libre adhésion et le principe démocratique « un homme = une voix ».

Les entreprises de l'économie sociale se créent et prospèrent dans et par leur territoire d'implantation. Elles vivent par lui et le font vivre. Elles participent au développement durable par leur caractère intergénérationnel, qui accumule et transmet un patrimoine collectif au profit des générations futures. Elles sont des acteurs de cohésion sociale par mutualisation qui induit une solidarité entre territoires, risques et profits. Elles créent un autre rapport à la création de valeur économique et sociale en mettant la personne au centre de cette création.

Cela se traduit par un mode d’entreprendre qui allie performance économique et principe de solidarité, et qui se concrétise dans des groupements de personnes et non des sociétés de capitaux.

Poids social et économique de l’Economie Sociale et Solidaire

Aujourd’hui, ce secteur de l’économie sociale représente en France une richesse créée de 52 milliards d'Euros par an (80 milliards si on prend en compte le travail des bénévoles), 970 000 emplois salariés Equivalent Temps Plein et près d'un million d’Equivalent Temps Plein de travail bénévole. Il présente un taux de croissance annuelle d'environ 4% sur les dix dernières années.

En région Rhône Alpes l’Economie Sociale et Solidaire représente 30 000 entreprises, emploie 180 000 personnes et réalise 12,2 Milliard de chiffre d’affaire annuel (INSEE 2003).

Elle regroupe près de 20 000 établissements employeurs comptabilisant plus de 170 000 emplois, soit près de 10% de l’emploi régional.

A noter qu’en 2005 l’Emploi salarié a augmenté de 20% dans ce secteur alors que 11% pour les autres secteurs économique.

Quelques uns des enjeux actuels de l’Economie Sociale

Au-delà de leur intervention pour limiter les excès du capitalisme, les entreprises d’économie sociale et solidaire en interrogent plus radicalement les fondements :

ü l’appropriation collective des moyens de production interroge la concentration et la propriété, la démocratie économique met en cause la concentration du pouvoir,

ü l’efficacité de la coopération interroge la domination de la concurrence,

ü la promotion de la citoyenneté s’oppose à la marchandisation de l’homme,

ü la réflexion sur la nature du travail interroge le salariat,

ü enfin la maîtrise collective des excédents pose la question de l’enrichissement individuel, de la primauté de la valeur pour l’actionnaire.

Comment faire comprendre et reconnaître la profonde modernité de l’économie sociale et solidaire quand elle cherche à dépasser les contradictions qui déchirent notre société : entre enracinement local et mondialisation, intérêt individuel et bien-être collectif, projets de long terme et contraintes du court terme etc… ?

Quelles autres organisations peuvent aujourd’hui mieux articuler responsabilité individuelle et engagement collectif, redistribution des revenus et investissement à long terme, capacité de réactivité et solidarités intergénérationnelle ?

Le statut de l’économie sociale et solidaire reste ambigu : prothèse sociale efficace, qui permet à une société de marché d’amortir les dégâts de la mondialisation (chômage et exclusion), pour les uns, alibi d’un libéralisme qui tolère, pour l’instant, que 6 % à 10 % de son économie échappe à la dictature des marchés, pour les autres, elle pourrait constituer un prototype efficace d’entreprises qui conçoivent autrement les relations entre l’économie et la société. C’est toute la question du rapport ambigu entre Etat et marché, entre solidarité et services, entre intérêt individuel et intérêt général ? Beaucoup la pousse à choisir son camp et à changer son discours, sauf à rester marginale et à se fondre dans l’économie libérale.

Enfin, les syndicats et les partis politiques de gauche font ils de l’économie sociale un enjeu de société ?

Merci aux participants de la table ronde et aux intervenants : Marie-Françoise Chauveau de l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, Jean-Paul Helliot, Président du CNEI et Directeur de Seforest, Philippe Garcin du réseau Entreprendre Autrement, Joël Didillon, Président France de la coopérative Best Western.



[1] L’économie sociale est entrée en tant que telle dans le droit français en 1980, avec le décret du 15 décembre créant la Délégation interministérielle à l’économie sociale.

[2] L’économie sociale et solidaire est une réalité moderne qui s’appuie sur une histoire ancienne.

Les origines de l’économie sociale remonte au Moyen Age : les guildes, confréries et jurandes, corporations et compagnonnages constituent en effet les prémices de ce secteur.
Les premiers théoriciens de l’économie sociale apparaissent au début du XIXème siècle, et se prononcent en réaction à la révolution industrielle. Face à la pensée libérale, se positionnent des penseurs comme Saint-Simon par exemple (1760-1825), qui prône un socialisme utopique. Selon lui, l’objectif du système industriel est de procurer le plus de bien-être possible aux classes laborieuses unies en associations de citoyens, la redistribution équitable des richesses étant, elle, du ressort de l’Etat. A la même époque, Charles Fourier (1772-1837) invente le Phalanstère, où la répartition des biens s’effectue selon le travail fourni, le capital apporté et le talent.

Pierre Proudhon (1809-1865) sera, lui, le précurseur d’un système mutualiste où l’argent est remplacé par des " bons de circulation " et où les sociétaires échangent des services. Penseur anarchiste, il refuse toute intervention de l’Etat. Ce n’est pas le cas de Louis Blanc pour qui l’Etat a la responsabilité de généraliser un système de production basé sur la création de coopératives. Jusqu’à la fin du XIX° siècle, l’économie sociale désignait une conception économique intégrant les dimensions volontaires, collectives et solidaires de l’activité économique.

C’est seulement en 1884, à l’initiative de Waldeck-Rousseau, que la liberté de constituer des syndicats professionnels sera accordée. En 1898, la loi fondatrice de la mutualité sera votée, suivie, en 1901, par celle autorisant la liberté d’association.


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